samedi 29 août 2009

Nouvelle: sacrée Mirza

Bouchaib zonait un max. Il deambulait matin et soir a la recherche de pognon, ou de trognons, ou quoi que ce soit...
souvent il se retrouvait, en le sachant, dans les beaux quartiers, esperant tomber sur un portefeuille garni ou une valise oubliée, ou une bourge en chaleur, mais ca il n'y comptait pas trop, vu qu'il ressemblait a un vieux chat etripé...

miracle un matin: un caniche paumé!
prestement, bouchaib le fourre dans son froc: c'etait un caniche nain!
et le voila qui gambade vers son ghetto, tenant fermement la gueule serree du clebard, stressé (le clebard, car bouchaib ne stressait plus depuis longtemps...)

bouchaib arriva a sa petite piaule sous l'escalier de haj mokhtar... un cagibi ou lui et le clebs seront un peu a l'etroit, mais enfin.
il referma soigneusement la "porte" en ayant pris soin de baillonner le caniche: haj mokhtar ne tolererait jamais cet animal impur au sein de son honorable etablissement!
enfin dehors, il rejoint zmimer et ouitik, ses potes, non pour leur faire part de son larcin , mais pour voir s'il avaient quelque chose pour la rue du gosier, ou d'innommables substances a inhaler, ou encore des dechets a se mettre sous la dent, ou tout simplement des nouvelles fraiches ou un coup jouable...

zmimer etait deja dans le cirage: pour un cireur c'est normal...par contre ouitik avait sa gueule des mauvais jours: il avait pointé un gars du coin et se demandait quand la riposte allait se declencher: il etait en fait a la recherche d'alliés, forts si possibles, cruels se serait encore mieux... et une sorte de flic, alors se serait l'ideal! bouchaib prefera se ranger...il continua sa zone du cote du marché, voir si rien ne trainait...deja le muezzin annoncait le coucher du soleil...la nuit allait l'accueillir, il devenait un chat gris, et il jubilait...

bouchaib s'engagea profondement dans le ghetto, cherchant un miracle...et miracle fut! un chat mort, le caniche aimerait ca, il fallait juste le cuire! et voila notre ami à ramasser plastique, residus de capotes, de yoghourt, de merde séchée et d'entreprendre un brasier...il sortit son rasoir, et sans se boucher les narines entreprit son autopsie, un rictus entre les dents!

la viande gresillait et ca devenait meme allechant, il sentit ses glandes salivaires se remplir, il se dit bon ca doit etre bon, il mordilla un peu la queue et la trouva a point! en route pour le bercail! sacree mirza, pour leur premiere nuit d'amour, ca le changera des boites avec un chien dessine dessus!
mirza l'acceuillit sans facon, faisant le mort et terrifié!

Mais comment le nourrir sans faire de bruit, deja qu'en le debarrassant du baillon, c'est sur, cet enfoiré ferait un boucan d'enfer, et haj mokhtar debarquerait en le priant de se barrer, et sans oublier les loyers oubliés!
comment faire? bouchaib entama le chat, le finit, suçota les petits os , et oublia mirza en sombrant du cote de chez morphee...

le matin arriva....et bouchaib avait les crocs...son estomac gargouillait et il ne se souvenait plus de la veille, seul le petit caniche blanc sut lui remuer les neurones; son visage s'eclaira: bientot il serait riche!

PERDU CANICHE REPONDANT AU NOM DE MIRZA
BLANC ET NAIN
RUE DU PRINCE DE SEGOVIE
FORTE RECOMPENSE

MAIS BOUCHAIB NE SAVAIT PAS LIRE! heureusement la photo de mirza etait la, dans un immenssement jardin, pres d'une adorable petite fille, la queue floue car elle bougeait beaucoup!
il demanda au cafetier: il lui traduisit: et bouchaib ne feignit rien, l'air de rien, il ne voulait partager avec personne, comme d'habitude! quelle belle journée!

Bouchaib se sentait enfin riche, pres de la retraite dont il revait: il suffisait qu'il entame ses tractations pour voir la valeur de l'otage s'ameliorer: la petite fille avait du commencer a user les larmes de son corps...

Mais Bouchaib se sentait quand même en danger: lui avec sa gueule, sa gouaille, son faciès, a peine il apparaitrait, qu'il se retrouverait en position dite du "perroquet" et rien a roter: sa retraite etait en jeu!
il lui fallait trouver un diplomate: qui ne sache er-rienne, si possible, mais obligé...

Bouchaib connaissait Salim, le pur! celui qui avait fait fi de son rang! Celui qui ne connaissait que la douleur dans laquelle on l'avait enfoui! celui protecteur des miserables et ne negligeant pas ses heures de loisirs psychoterapie du Peuple!
Mais ou le trouver?

Salim avait de sombres habitudes; certains croyaient, même sûrs, qu'il; etait RG, ou DST, ou encore une autre merde! Mais ceux qu'il le connaissaient vraiment: il savait qu'il etait fou!

un caniche, un fou, une rançon, et un Bouchaib! sacre cocktail, et sacrée équation!




il se rendit chez les Gnaouas, il savait que Salim en etait féru!


DERB GNAOUA


BOUCHAIB n'osait pas trop y aller: ces gens avait un feeling qui lisait dans le temps; il savait d'avance qui etait qui: ils etaient renseignés par les gens de l' autre monde.... Il prefera aller voir Myriam....


MYRIAM

Myriam se baladait à Vald'OR, le pays des gens surs et honnêtes, près au sacrifices pour que naisse ValD'or ( pas celui du Canada)
mais celui des hommes enfin libres , maîtres de leur destin!
enfants du coucher de soleil, de la tergiverguation philousoupphique dial tfelsiff, parce qu'il avaient compris la mer , sa regularité, et son aptitude à avaler les hommes, les jetant blanc et raides comme neige sur la plage, un dimanche, au milieu des estivants...
Pour rencontrer Myriam, il suffisait d'aller DE LA RENCONTRER: elle respectait ça!
une priere pour Myriam, et il y alla;

LALLA MYRIEM, THAILLAY FIYA, RANI KHOUK

Myriam avait une sale manie; fille de riche et d'opulence, elle finit folle, ceinturee et kaftanisee, elle deambulait sur les dunes , les escaliers oubliés par les francais! et ne manquait pas d'injurier... si bien que ses amis et tout ceux qui voulaient la consulter ne pouvaient partir sans quemander quelques insultes, mais du meilleur acabit: avec des rimes, du soleil, du rythme! Il s'en allait contents, pleins de promesse!
Car la force de Lalla Myriam, c'etait d'engendrer le contraire de ses mensonges: il aurait fallu qu'elle dise: le chien mourra, tu finiras en taule!

Et voila Bouchaib sur la route de ValdOR!

D'abord il fallait s'equiper: sandwich de chat et gnoles infames, un petit bout d'herbe car myriam n'accordait aucune audience sans ça, et ses jurons alors allaient vrai... c'est ce qu'on rapportait, mais Bouchaib n'y croyait pas: Myriam ne pouvait faire le Mal: elle en mourrait: il avait compris! et il se mit, guilleret, en route, sans THC!
le voilà a pied sur la côte, evitant les clodos et autres vendeurs-mangeurs de moules avariees paissant pres des egouts de la capitale!
il avait pris soin de bailloner et meme d'assommer le caniche blanc comme neige, de peur, qu'il ne couine et reveillâsse ainsi les bons sentiments de Haj Mokhtar!

Enfin il arriva
ValDOR s'allongeait devant lui, le pays des meules paleolithiques!
il se fit aussi petit que possible, et attendit la fin du jour...
La mer etait calme, mais elle lui parut hostile et agitee...
il se tut, et contempla la mort du soleil...
la nuit sa soeur allait l'engloutir et le preserver de nouveau...

Soudain elle apparut, dansant au bord de l'eau, chatoyante et guillerette...a peine bouchaib se precipita-t-il qu'elle disparut aussitot "fils de pute" entendit-il dans la nuit noire...et puis que des vagues...bouchaib se mit a trembler, ses poils de culs se herisserent, son coeur battait la chamade
et il lui sembla qu'il faisait jour.
le soleil brillait, il sentit une main contre son front surchauffé "meskin" dit miryam, pauvre con! elle etait pres de lui, vetu de couleurs, la peau mate, une ceinture blanche sur le front, et des petales bleus sur les paupieres, un maquillage du fond des temps...
"que t'amene ici?" degage! les bourges vont te coincer... deja une jeep de gars en kepi s'arretait sur la dune, bouchaib se mit a rire "il n'ont rien a me prendre, partout je serai libre!" il ota son pardessus infame, exhiba son corps de chien, et fit comme s'il bronzait, chez lui! la plage deserte s'etendait a l'infini, le flot etait en route, des vagues se mirent a bruire...

il osa enfin lui parler, lui raaaaacontat son histoire, lui promit son aide, et reclama de voir salim... Miryam sourit" fils du vieux tabs rabougri! toi! voir salimm! qu'il intercede pour un galeux fils de la chienne et de la mule! tete de singe sidaique! mais pour qui te prends-tu? un veritable miserable n'a rien a offrir, sinon ses rares moments de lucidité" mais bon tu me plais, j'interviendrai si tu fais quelque chose pour moi! ecoute"...............enculé!"

BOUCHAIB, ASSIS SUR LES ESCALIERS du temps des francais, imberbe, plein du sel de la mer, bronzé, sain...le reve quoi!
vint vers lui le gaouri: blond lunetteux grand et l'air ouvert... pourtant a son niveau; il peta un long fusant a faire fuir la mer...bouchaib repondit par un rot graisseux, attireur de mouettes...ca puait un peu le sexe, mais bouchaib guide par un sens inconnu lui dit " bonzour!" et l'autre de dire salamaleikoum ouach nta bouchaib? oh oui! oui! ci moi humble salim de l’orgueil, fils des murailles de la mer! comment toucher la rancon et enfin jouir de ma retraite! comment la petite innocente saurait sauver un gueux tel que moi! comment enfin emerger de la merde et me construire un avenir? comment enfin demerder enfin? et rire et profiter de ce qui me fut toujours interdit! oh toi homme grand et blond et parlant notre langue: aide moi, fais que la rancon arrive sans trop de casse!
comme réponse, il recut un poulpe ventouseux sur la tronche!
il se reveilla en hurlant
miryam riait
elle l’embrassa!
bouchaib sentit des gargouliis au niveau de l'aine:
quoi, de l'amour sans vin!


salut les goinfres: je reviens de la cote!
quel voyage! au moins 40 Km!
zmimer etait deja dans le cirage: pour un cireur c'est normal...par contre ouitik se morfondait: bientot le ghetto lui serait interdit: et ou vivre alors? les pointes sortait a chaque coin de rue: il etait devenu le chien a abattre! il cherchait silencieusement une voie, riant nerveusement de temps a autre.........
bouchaib decida de demerder un chat, pour mirza cette fois: un otage faut que ca bouffe!
le jour se levait: quel belle journee!

bouchaib deambulait vers chez haj mokhtar, chez lui quoi! il tenait a voir si mirza etait ok,histoire d'assurer le deal...il entrouvrit "la porte" et mirza aboya, fretillante, debaillonee quoi, mais heureuse de le voir, lui bouchaib "celui qui l'avait epargne du chat mort lors de sa premiere nuit de detention" pensa bouchaib, sage et non sceptique, sûr de son antistress???quoi que, une retraite, dur a refuser... en l'embrassant tout en la baillonnant; bouchaib pensais a sa petite boutique, l'autorite reconnaisssant enfin sa valeur, le quartier a ses pieds, au lieu de s'en servir pour lui tanner le cul, voila, c'etait bon, c'etait jouissif, il entendait le vin se deboucher, le rire ininterrompu des gueux, des enfants de l'ombre et de la nuit, à ses pieds...

l'heure etait grave: il faudrait passer a l'action.....

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bouchaib fit un petit tour dangereux du cote de mirza: curieusement il etait conscient: c'etait hard! ne jamais revenir sur le lieu du larcin: une loi immuable!

la rue etait silencieuse. ombragee, parsemee de gazouillis d'oiseaux rares, de temps a autre une bagnola valant une villa sortait silencieusement d'un vaste portail, puis son moteur vrombissait delicieusement et la voila qu'on la voyait plus ???
Bouchaib l'air de quelqu'un qu'on avait convoque marchait dangereusement l’air sur de lui...il s'arreta devant la villa... et soudain bien sur lev'la un gardien avec un molosse qui l'injonct de deguerpir! et bouchaib de prendre ses pieds à son coup sans demander ni son reste ni une quelconque marque de civilite ou de politesse: quelle journee; la retraite allait-elle se degonfler?
bouchaib rentra chez lui affame sans faim, il rossa mirza tout en renforcant son baillon: il avait fait sa connerie: lui qui pourtant ne connaissait aucun stress!

Bouchaib n’en pouvait-il plus ? lui, le bouchaib, le rescapé…allait-il craquer et rater sa retraite ? Allait-il se resoudre a fourguer Mirza a n’importe qui pour une modique somme, de toute maniere tout le monde se douterait qu’il l’avaiit alpaguée…et nombreux l’auraient assommé avant meme qu’il ne s’en ren-dent compte ! Oh Bouchaib, d’ou te viendra le respect ?

Il s’endormit, la rage au ventre…
le lendemain les flics l'alpaguerent; et il avoua...Mirza revint chez son amour, et bouchaib en prit pour dix ans.

"et puis quoi encore? "pensa" bouchaib en ecoutant miryam...
10 ans plus tard. pour bouchaib ce n'etait rien... comme dab, imperturbable, il avait fait ses dix ans, et beaucoup d'ennemis;sans compter les amis redoutables; à la vie a la mort!
et miryam etait toujours la, arpentant et sechant les dunes...des complexes touristiques herisse de grues apparaissaient a l'horyzon...
- c'est ainsi que tu m'accueille, avec une histoire de dingosss? j'ai reve de tes insultes pendant dix ans?..?.
- oh toi! fils du gingembre etoile, de la clop allumee, du petard enfourne, de la poudre qui monte au nez, de la seringue qui s'enfonce et distille les ames, de l'adrenaline supreme qui finit avec ses ailes dans le destin des 3000! oh toi fils de la chienne en chaleur et perdue dans le desert du cul de ta mere! ça toi le fils du fion etoile visite par tous!
et enfin toi, le perdu!
- merci bicoup!, tu me manquais!

Moulne salim
(en hommage à Stephane Daubanay)